Je n'aime pas les véganes...·Végétarisme et véganisme

Je n’aime pas les véganes … racistes, sexistes, grossophobes..etc #1

(TW : grossophobie, racisme, sexisme pour la deuxième partie de l’article)

Bonjour bonjour !

Je commence une nouvelle série d’articles en rapport avec le véganisme pour vous parler des comportements que je trouve problématiques et contre-productifs dans le véganisme et notamment dans la lutte antispéciste ! Ce sera une série qui abordera donc un aspect plus politique de la lutte végane.

Ainsi, je n’aime pas les véganes qui… empiètent sur et bafouent les autres luttes.

Je voudrais donc vous parler de véganisme en tant que mouvement politique, et pourquoi il se différencie des autres et ne doit alors pas employer les mêmes moyens, ni empiéter sur les autres luttes. Par autres luttes j’entends le féminisme, l’anti-racisme, la lutte pour les LGBT, pour les handicapés…etc. Je reproche à Peta et 269Life de ne pas prendre en compte ces luttes et même de les piétiner, de, par exemple, se servir du sexisme pour faire la promotion du véganisme dans leurs campagnes.
C’est ce que je reproche au mouvement végane en général : utiliser la culpabilisation ou n’importe quel moyen pour faire passer un message, alors que ces mêmes moyens sont mauvais, ne tiennent pas compte de ces autres luttes.

Allons-y pas à pas !

En quoi le véganisme et les autres luttes sont-elles proches et en même temps différentes ?

Le véganisme, comme les autres luttes visent à pointer du doigt et changer un système qui oppresse une minorité, c’est à dire, qui exerce une discrimination systémique sur elle. L’adjectif « systémique » est important car il indique que c’est le système entier qui discrimine et oppresse. Cette oppression n’est donc pas ponctuelle mais concerne tous les aspects de la vie d’une personne de la naissance à la mort. Par exemple, les minorités oppressées sont les personnes racisé.e.s pour l’anti-racisme, les femmes pour le féminisme, les gros.ses pour la lutte contre la grossophobie. C’est là que se pose un problème lorsque l’on parle de véganisme : la minorité oppressée n’est pas humaine, mais animale. Ce ne sont pas les véganes qui sont oppressés mais les animaux, la végéphobie n’existe pas, le spécisme oui.
Quoi qu’on en dise, le véganisme ne peut prendre le pas sur les luttes humaines, ni les ignorer dans sa propre lutte. Le véganisme doit prendre en compte ces autres luttes pour ne pas les gêner et ne pas participer à des clichés sexistes, racistes ou grossophobes pour leur propre lutte.

Ce que je reproche à Peta et 269Life.

Les organisations véganes Peta et 269Life ont toutes les deux mené des actions soit sexistes, soit racistes, soit grossophobes. Piétiner d’autres causes pour promouvoir le véganisme semble être une de leur communication favorite.
En tant que véganes, et pour une lutte politique plus efficace, nous nous devons de dénoncer ce genre de pratiques et d’en pointer l’aspect problématique. C’est donc ce que je me propose de faire à propos de 3 campagnes de Peta et 269Life !

Campagne Peta
peta-save-the-whales-closeup

 

 

 

 

 

Vous reprendrez bien un peu de grossophobie ? Peta n’a trouvé rien de mieux que de comparer une personne grosse à une baleine pour promouvoir le végétarisme. D’abord, il est totalement faux de dire que le régime végéta*ien permet de perdre du poids même si certains végétariens/véganes ont vu leur poids diminuer. Ensuite, insulter le physique de quelqu’un.e et participer à son oppression ne donne pas non plus vraiment l’envie d’être végane, niveau productivité on a vu mieux. Mais le plus important, c’est surtout la violence de cette campagne pour les personnes grosses, qui se voient encore une fois déshumanisées par l’insulte « baleine » (insulte spéciste soit dit en passant).

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Et hop du sexisme ! Oui, l’association Peta est particulièrement friande de corps de femmes nues pour leur campagne de com’. Toujours pas convaincus ? Allez voilà d’autres exemples : (TW sang) Femmes nues et ensanglantées , Femme nue et sauce barbecue

En effet, la nudité feminine semble être un des fers de lance de l’association pour promouvoir le végétarisme/véganisme. On peut alors parler d’instrumentalisation du corps des femmes au vu de la fréquence et de l’utilisation de modèles quasi exclusivement féminins pour ce genre de campagnes. Et qui dit instrumentalisation du corps des femmes, dit….sexisme ! On passera sur le fait que découper le corps d’une femme en morceau de viande n’est pas très très classe, ni vraiment féministe.

Action de 269Life

269Life

On passe maintenant à 269Life qui se sont dépassés en terme de racisme ! S’approprier le jour commémoratif de l’abolition de l’esclavage pour mener une action pour l’abolition des abattoirs et de « l’esclavage animal ». Déjà premier problème : comparer les animaux à des esclaves noirs, c’est invisibiliser le vécu des esclaves noirs et se réapproprier une cause qui est celle des noir.e.s. Deuxième problème : s’accaparer un jour dédié à la lutte anti-raciste pour en faire un jour de la lutte anti-spéciste.
Cette action a notamment suscité un tollé dans les milieux anti-racistes et notamment afro-féministes ce qui a mené à l’annulation de l’évènement.

Mais alors comment on milite pour le véganisme et l’antispécisme ?

Il faut d’abord éviter tout type de vocabulaire comme « viol des vaches » mais plutôt parler d’insémination forcée pour ne pas empiéter sur les luttes féministes, ne pas parler d’esclavage pour les animaux mais plutôt d’exploitation, ne pas parler d’holocauste ou de génocide animal non plus, qui sont des termes réservés et très connotés historiquement.

Pas besoin d’empiéter sur les autres luttes pour mener une lutte antispéciste. Il existe tellement d’arguments éthiques, écologistes ou humanitaires qui appuient et légitiment les luttes antispécistes qu’il est inutile d’utiliser des arguments sexistes, racistes, grossophobes ou que sais-je pour promouvoir cette lutte. Les gens sont en général plus réceptifs à un discours raisonné qu’à des accusations et insultes frontales. D’autant plus que se servir d’autres luttes pour promouvoir la sienne décrédibilise la lutte végane aux yeux des militants d’autres causes.
De plus, il est aussi possible de jouer sur l’affect et l’émotion sur certaines personnes, même s’il s’agit aussi d’être prudents par rapport à ça, mais ce sera l’objet d’un autre article 😉


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Hylfee

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20 commentaires sur “Je n’aime pas les véganes … racistes, sexistes, grossophobes..etc #1

  1. Je voulais juste te dire que ton article est top. Tu as mis le doigt sur beaucoup de choses que je ne supporte pas chez les défenseurs de la cause animale. Je ne supporte pas qu’on empiète sur d’autres causes pour en défendre une, ça leur enlève toute crédibilité et PIRE ENCORE ça ne donne vraiment pas envie aux gens de les écouter. Perso je ne suis pas du tout sensible à leurs discours car ils me dégoutent avec leurs manières de faire, j’éprouve du mépris pour eux et leur façon de considérer la femme. L’appropriation de la commémoration de l’esclavage est la goutte d’eau qui a fait débordé le vase.
    Après il est vrai que quelque part ça marche car ça fait un moment que je m’interroge sur ma manière de consommer et ce que je pourrais améliorer, j’essaie au maximum quand je le peux de choisir des légumes et d’éviter de manger des animaux mais c’est très très compliqué pour moi qui ait été élevée dans le culte de la viande rouge. J’ai déjà essayé d’être végétarienne et mes parents ont tout fait pour m’en dissuader en me proposant de la viande bien cuisinée comme je l’aime à tous les repas haha. C’était difficile à vivre et finalement j’ai craqué car j’étais jeune (12 ans) et pas assez affirmée.
    Je sais qu’un jour j’arriverais à consommer plus intelligemment, je ne suis juste pas prête pour le moment. Mais tant que ces associations communiqueront de la sorte, ils ne trouveront pas une oreille attentive chez moi.
    Excellent article en tout cas !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton gentil commentaire !
      Bon courage pour ton chemin dans ta consommation et pourquoi pas dans le végétarisme, je sais comme c’est dur, donc je ne te donnerai qu’un conseil : vas à ton rythme, fais comme tu veux et n’écoute pas les véganes qui te cupabilisent ou utilisent ce genre de communication !
      La cause végane se porterait bien mieux sans ces associations, il n’y a guère que L214 qui reste à peu près correcte !

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  2. Coucou, c’est un article très bien construit et qui présente des problèmes très importants à relever ! Juste par rapport au terme de génocide, je comprends l’association avec holocauste, mais c’est un terme qui n’est pas réservé aux génocides des juifs / tziganes / homosexuels et autres pendant la Seconde Guerre mondiale, puisqu’on parle de génocide pour toutes les exterminations (partielles) de populations, comme le génocide arménien, ou encore rwandais. Donc je me demandais s’il est réellement problématique de parler de génocide animal compte tenu, justement, de la « non-spécificité » de ce terme ?

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    1. C’est vrai que c’est moins consacré que l’holocauste, mais je trouve que cela garde une empreinte historique, et surtout mémorielle très forte. Les génocides juif, tziganes, arménien, rwandais ou encore héréros sont des moments douloureux de l’histoire, dont la mémoire est très chères à ces communautés. Du coup, je me garderai de faire le parallèle, mais parlerai plutôt de mise à mort systématique et de masse plus que de génocide, surtout qu’il n’y a pas la volonté d’extermination comme dans la notion de génocide (vu qu’il y a élevage, reproduction…Etc) . J’espère que c’est clair 🙂

      Aimé par 1 personne

  3. Je suis végane et je côtoie le milieu associatif plutôt de loin (je ne fais partie d’aucune) et je connais pas mal de véganes, français ou étrangers.
    Si je peux me permettre, ton article, c’est l’exact inverse de la mentalité de tous les véganes que je connais et de moi même. Tu pars du principe que, les campagnes de sensibilisation et les happenings de Peta ou de 269 Life (auxquelles je n’adhère pas, et que je trouve maladroits et je ne suis pas la seule). En effet, l’affiche sur les baleines n’est pas maline, pas plus que celle de la femme nue (je pense personnellemenet que leur objectif est de choquer et d’attirer l’attention, rien de plus) . De mon côté, comme j’ai les deux pieds dedans, voilà ce que j’observe: des gens sensibles à toutes les formes d’injustice. Sexisme, racisme, xénophobie, homophobie, transphobie, intolérance, maltraitances diverses…. Ce qu’on appelle la convergence des luttes. D’ailleurs, je ne comprendrais absolument pas la logique de se soucier de la cause animale en criant au spécisme et de l’autre côté de mépriser la cause humaine. ça resterait du spécisme! D’autre part, appelons les choses telles qu’elles sont. Comme tu connais le spécisme, tu sais donc que les animaux sont considérés de la part des véganes (et d’autres) comme égaux, ils ont donc droit aux même termes que les pratiques ou événements, et on peut ne pas être d’accord avec ça, mais n’inversons pas les rôles. Si « on » parle de viol, c’est bien purement factuel: enfoncer quelque chose dans un orifice sans consentement. De même que pour l’esclavage, « on » se réfère aux conditions de détention. C’est donc très dommage de, soudainement, ne plus prendre en compte le fait que les véganes considèrent les animaux ET les humains comme égaux, on peut ne pas être d’accord car cela peut paraître maladroit, mais quand on prend du recul quelques secondes, on s’aperçoit que l’être humain est cruel quelle que soit la victime (humaine (femme, homme, enfant) ou non) et que les pratiques sont souvent similaires, et provoquent beaucoup de détresse physique et psychologique dans les deux cas. Actuellement, je lis un bouquin qui devrait t’intéresser : « la politique sexuelle de la viande », de Carole J. Adams, qui met justement en rapport féminisme et veganisme.

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  4. « Quoi qu’on en dise, le véganisme ne peut prendre le pas sur les luttes humaines »
    Et pourquoi pas ? Rien ne prouve la supériorité objective de la valeur d’une vie humaine sur celle d’un animal non-humain.
    Pour moi, elles sont à égalité, et s’il me semble évident d’aussi combattre les oppressions infligées aux humains (sexisme, racisme, homophobie etc), la réciproque envers les autres animaux me semble valable. Car considérer que certaines causes valent mieux que d’autres, c’est justement perpétuer des oppressions dont on refuse de prendre pleinement conscience, ou qu’on continue à hiérarchiser, pour taper sur les vilain.e.s végan.e.s, mépriser leur lutte et leur demander d’être des social justice warriors pour avoir le droit de militer. Et c’est nous qui culpabilisons et pointons du doigt les autres…
    P.S : sinon je suis totalement d’accord concernant les messages et les pratiques de Peta et 269Life.
    P.P.S : les comparaisons avec la Shoah ont été avancées par des victimes elles-mêmes. Mais personnellement ce n’est pas dans mon droit de les utiliser.

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    1. Par prendre le pas, je n’entends pas un ordre d’importance. J’entends le fait que la lutte antispéciste ne doit pas invisibiliser ou silencier les autres luttes humaines comme si le sort des animaux était plus important.
      Et je suis végane moi même donc je sais ce que c’est que d’être traitée d’extrémiste, de trop sensible ou d’hystérique. Là je critique justement au sein des cercles militants la communication à adopter, et il me semble qu’un communication sexiste, raciste ou grossophobe ne me semble pas judicieuse

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      1. Ah d’accord, tu es végane. Je viens de l’article du Huffpost qui a biaisé ma lecture de celui-là, mea culpa. Ceci dit, si je te rejoins là-dessus :
        « il me semble qu’un communication sexiste, raciste ou grossophobe ne me semble pas judicieuse »,
        je ne crois pas pour autant qu’une communication exclusivement ciblée sur les animaux revienne à invisibiliser les autres luttes. Se focaliser sur les animaux permet de les remettre au centre du débat et d’enrayer le spécisme (par exemple, pour un article, un happening, une campagne, ou une proposition de loi ; ça dépend à quelle échelle en fait). Mais bien sûr rien n’empêche de se consacrer également aux autres luttes, une par une ou pensées toutes ensemble.
        Enfin bref, je pense que tes articles sont importants et nécessaires, je trouvais juste dommage de voir des critiques du véganisme avoir davantage de visibilité que des plaidoyers (comme quand je tombe sur des articles contre « les féministes extrémistes » et autres attaques envers des causes louables).

        Bonne continuation !

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      2. Oui le HuffPost ont modifié le titre et mis une photo peu avantageuse qui peut laisser penser que je tape sur les véganes…
        Je suis tout à fait d’accord avec toi, dans la lutte antispéciste, il faut se centrer sur les animaux et les problématiques qui leur sont propres ! Ce que je dénonce c’est le fait de faire des comparaisons qui n’ont pas de sens, d’utiliser des corps de femmes pour faire un happening sur la pêche ou de comparer l’exploitation animale à l’esclavage. Bien sûr que la lutte antispéciste doit se centrer sur les animaux !
        Bonne continuation à toi aussi 🙂

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  5. « Pourquoi je n’aime pas les véganes » =titre haineux. Je te lis: « HuffPost ont modifié le titre et mis une photo peu avantageuse qui peut laisser penser que je tape sur les véganes » … Si Huffpost refuse de le changer, menace de retirer ton article, non? En tout cas, je ne comprend pas pourquoi on ne pourrait pas parler de « viol » de vache… Pourquoi inséminerait-on les animaux et violerait-on les humains? Comparer l’insémination au viol est la seule façon de donner du sens à ce terme. Mettre du sperme dans une vache au moyen d’un bras humain non lubrifié… Retirer son veau alors qu’il n’est pas à terme… C’est un viol, c’est violent, etc.

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    1. Je n’ai pas la main sur les publications du HuffPost, je n’ai donc aucun moyen de faire pression…
      Sinon pour répondre à ta question sur le terme « viol » utilisé pour désigner l’insémination forcée, j’ai écrit cet article qui explique en détail ma pensée, j’espère que ça pourra te faire comprendre mon avis sur la question ! https://fragmentshylfee.wordpress.com/2017/08/02/pourquoi-ne-peut-on-pas-parler-de-viol-des-vaches/

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    2. Et aussi : je suis moi-même végane ! Le titre est certes quelque peu provocateur, mais je n’ai pas de haine envers les véganes. Il vise plutôt à poser la question de ce qui est acceptable ou non dans le milieu végane et ce que j’y trouve à redire

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