Je n'aime pas les véganes...

Je n’aime pas les véganes… culpabilisateurs #2

Bonjour bonjour ! J’aime beaucoup mes comparses véganes mais certains me courent quand même sur le haricot. Je vous ai déjà parlé dans un premier article, des véganes racistes, sexistes, grossophobes, je vous invite donc à aller le lire si ce n’est pas déjà fait !

Je reviens donc aujourd’hui pour vous parlez de ces véganes qui utilisent la cupabilisation comme « façon » de propager le véganisme. Hop hop hop, petit carniste qui passe par là, cet article n’est pas pour soulager ta conscience et dire que « vraiment les véganes, ces extrémistes, ils ont pas à nous culpabiliser, on met ce qu’on veut dans notre assiette » ! Ne te vexe pas non plus, promis je ne vais pas t’accabler et tu vas peut-être même être d’accord avec moi, qui sait ? En effet je voudrais parler plus particulièrement de la culpabilisation à l’encontre des personnes qui ne peuvent pas devenir véganes, ou alors difficilement. Oui, le choix d’un mode de vie végane n’est pas accessible à tous, et celleux qui disent le contraire en essayant de faire culpabiliser les personnes qui veulent mais ne peuvent pas devenir véganes non seulement n’aident pas la cause végane et surtout oppriment d’autres personnes.

De qui on parle exactement ?

Au sein des personnes non-véganes/végéta*iennes, je distingue environ 4 catégories de personnes :

  • Celleux que j’appellerai les « carnistes », soit les personnes qui savent pertinemment quelles sont les conditions d’élevages, et l’impact de la consommation de viande et POA (produit d’origine animale) sur la planète et ses habitants, mais qui choisissent consciemment de continuer à en manger, par « goût », sans se remettre aucunement en question. En général, ces personnes vont aussi être assez agressif.ves envers les végétarien.nes/véganes et considérer que notre simple existence est une forme de culpabilisation.
  • Celleux que nous appellerons « les omnivores éclairés » : ces personnes sont conscientes de l’impact de la consommation de viande/POA et qui, même si elles continuent d’en manger, sont ouvertes au dialogue et remettent leur mode de vie en question.
  • « les omnivores ignorants » : Comme son nom l’indique, l’omnivore ignorant n’a jamais vraiment été en contact avec de véganes ou végéta*ien.nes, il ne connaît pas les enjeux de la consommation de POA et ne remet pas en question son mode de vie par ignorance.
  • Enfin, restent les personnes qui pour une raison X ou Y, souhaitent devenir véganes mais ne réussissent pas (quoique…). J’entends par là les personnes très précaires, qui n’ont pas le temps de cuisiner, les personnes avec des TCA (anorexie, boulimie, hyperphagie..etc), personnes à qui le régime végane donnent des problèmes digestifs, personnes avec un handicap physique…etc.

Pour moi, certaines personnes de cette dernière catégorie sont des véganes malgré leur consommation de POA. Je m’explique : il n’existe pas de végane parfait.e, tou.tes, même si nous faisons de notre mieux, avons un impact négatif sur les animaux du fait de la société où l’on vit. Etre végane/végétarien.ne signifie réduire cet impact au maximum selon ses capacités en mangeant le moins de POA possible. Je considère donc que certaines de ces personnes qui ne consomment quasiment plus de produits animaux sauf lors de rares occasions (crise d’hyperphagie par exemple) sont véganes. Les culpabiliser sur leur consommation de POA est pour moi un non sens.

Pourquoi la culpabilisation envers les carnistes c’est contre-productif

D’abord, aller voir un.e carniste et lui dire en face que c’est un.e gros.se con.ne qui comprend rien à la vie et que l’on est éminemment supérieur.es à ellui parce que nous ne consommons pas de POA, ne me semble pas la meilleure approche. Cela ne fera que renforcer son hostilité et le faire rester sur ses positions. Le dialogue bienveillant semble pour moi un moyen bien plus facile de faire entendre (à défaut de le faire assimiler) ses convictions.

Parfois, cependant, le mur que l’on peut trouver lorsque l’on essaye de faire comprendre notre engagement à une autre personne, a fortiori une personne proche, peut être près frustrant et blessant. A ce moment là, je considère que la colère peut-être légitime, d’autant plus si la personne en face est agressive. Mettre l’autre face à ses contradictions (comme dire aimer les animaux mais manger du boeuf) et ce de manière un peu violente peut aussi être cathartique et secouer son auditoire. Je ne bannis alors pas totalement le fait de placer son interlocuteur carniste face à la crue réalité. Ce sont en effet bien les images d’abattoirs et les revendications véganes un peu violentes qui m’ont fait me remettre en question…

Pourquoi la culpabilisation envers les personnes de la 4ème catégorie c’est grave

Passons à la cupabilisation que certains véganes imposent à des personnes qui veulent devenir véganes mais rencontrent des difficultés. Ces véganes là vont nier ces difficultés et affirmer qu’être végane est facile et que toute difficulté présentée n’est qu’une excuse pour ne pas devenir végane. Ce sont en général les mêmes qui vont s’en prendre aux végétariens car pas assez parfaits, ne transitionant pas assez vite vers le véganisme..etc

Certes, une fois l’habitude prise, l’argent et le temps suffisants, un régime végane est facile à suivre. Mais si certaines personnes ont pu du jour au lendemain devenir véganes, d’autres (comme moi) on accomplit cet objectif à travers plusieurs étapes et une transition progressive. En effet, dans notre monde occidental, passer d’un régime omnivore à un régime végane nécessite de chambouler son mode de vie et de le repenser. Pour cela, il faut du temps et des connaissances. Du temps pour cuisiner (car la cuisine végane est plus chronophage), du temps pour s’informer, du temps pour réessayer des recettes qui ont ratées …Etc. Il faut aussi, des connaissances pour ne pas avoir de carences, pour apprendre de nouvelles recettes, pour apprendre à substituer lait et oeufs dans les recettes… Ce temps et la capacité d’accès aux connaissances, tous ne l’ont pas. En effet, un.e travailleureuse précaire, qui rentre tard le soir et doit gérer toutes les tâches ménagères dont le repas, va préférer mettre un plat surgelé au micro-onde plutôt que prendre le temps de faire cuire des lentilles et des légumes. Et l’argument « faire des pâtes ça ne prend pas longtemps » ne vaut rien, car une alimentation végane ne consiste pas qu’à enlever la viande et les POA, mais signifie rééquilibrer son alimentation avec des légumineuses, des oléagineux (chers) et des légumes. De plus, les substituts véganes coûtent chers et ne sont pas forcément très intéressants nutritivement, et si l’on ne mange pas de substituts alors il faut prendre le temps de cuisiner. Ainsi, ces contraintes empêchent nombre de personnes de devenir véganes.
De plus, se renseigner sur la nutrition et la cause animale se fait principalement par internet aujourd’hui. Il faut donc disposer d’un accès à internet et savoir s’en servir pour accéder à ses infos. Un certain niveau d’études est nécessaire pour comprendre et assimiler ces informations. Une fois de plus, les classes socio-culturelles défavorisées sont les moins à même d’avoir accès à ces infos et donc de penser à devenir véganes. Attention, je ne dis pas que les exceptions n’existent pas et que toute personne précaire et d’une basse classe socio-culturelle ne peut pas devenir végane ! Mais il faut être conscient.es de ces obstacles.

Enfin, les obstacles encore plus grands à surmonter sont ceux qui sont causés par des maladies mentales ou physiques. Avant de devenir végane, et lorsque je déprimais du fait de l’exigence de la prépa qui me plongeait parfois dans des périodes de mal-être, je ne pouvais m’empêcher (ou difficilement) d’aller manger un bout de fromage pour me réconforter. Cela a été pendant longtemps un sujet de culpabilité pour moi, alors que j’essayais de devenir végane. Cela est encore plus dur pour les personnes atteintes de TCA dont notamment l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie, qui se réfugient parfois dans ce qu’on appelle de la « comfort food » qui peut être non-végane (de même que des personnes en dépression, bipolaires…Etc). Va-t-on reprocher à une anorexique de manger un peu de viande ou de fromage si c’est la seule chose qu’elle peut avaler ? Va-t-on dire à une personne en crise de boulimie qu’elle ne devrait quand même pas manger ce plat de lasagne parce qu’il y a de la viande alors qu’elle ne peut se contrôler et est en train de se faire du mal ? Certaines personnes véganes culpabilisent en effet ces personnes en disant que leurs TCA ne seraient qu’une excuse pour ne pas devenir végane. Je trouve ces accusations intolérables car elles nient les maladies mentales des personnes, en les enfonçant encore plus.
De plus, pour les personnes atteint.es de maladies qui limitent leur capacités physiques, ce n’est pas toujours possible de couper des légumes ou de passer beaucoup de temps en cuisine, soit parce que cela est trop fatiguant ou parce qu’iels sont en incapacité motrice de le faire. Devenir végane peut être difficile pour ces personnes étant donné que la cuisine végane nécessite de plus cuisiner qu’un mode d’alimentation omnivore, du moins au début pour découvrir de nouvelles recettes.

En quoi ces comportements sont-ils classistes et capacitistes/validistes ?

Ce que je dénonce ici c’est en fait le validisme/capacitisme et le classisme de ces véganes. Je pense que quelques définitions s’imposent !

  • Le classisme c’est une discrimination systémique (du système) qui se base sur la classe sociale/classe économique d’une personne. Ici, c’est donc nier que la classe sociale/la classe économique influe dans la capacité ou non à devenir végane d’une personne. C’est penser qu’il est aussi simple de devenir végane pour une personne précaire, d’une basse classe culturelle, sociale,économique…Etc que pour une personne aisée et d’une classe sociale haute.
  • Le validisme/capacitisme est une discrimination systémique basée sur le handicap/la maladie. Ici, c’est considérer qu’une personne malade mentale ou physique est tout aussi capable de cuisiner qu’une personne valide et nier que ces personnes rencontrent des obstacles.

Ainsi, le comportement de ces véganes, qui pointent du doigt personnes précaires et handicapé.es, en les accusant de se servir de leur classe sociale/handicap comme une excuse pour ne pas devenir véganes, sont classistes et validistes.

La morale de l’histoire !

Il faut bien se rendre compte que des obstacles se dressent pour de nombreuses personnes devant l’accès au véganisme. Nier la réalité des obstacles que sont les facteurs socio-économico-culturels et les handicaps en considérant le véganisme comme un simple choix individuel résultant simplement d’une bonne ou une mauvaise volonté est beaucoup trop simpliste.

Véganes, soyons indulgents et pédagogues envers tous, selon leur difficultés. N’hésitons pas à secouer quelques carnistes insupportables pour passer notre frustration et notre colère mais surtout restons ouverts au dialogue avec les autres car c’est ainsi que le monde deviendra meilleur pour tous les animaux et pour la planète.

Je vous renvoie également vers un thread Twitter qui résume la chose !


Dites moi dans les commentaires si vous avez déjà eu à faire à ce genre de véganes et si vous aussi vous rencontrez/avez rencontré des difficultés à devenir végétarien.ne/végane!

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Hylfee

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17 commentaires sur “Je n’aime pas les véganes… culpabilisateurs #2

  1. Je suis tellement d’accord. Evidemment, il ne faut pas faire de généralisation ^^ Je suis assez d’accord sur les 4 catégories dont tu parles.
    Personnellement, je respecte énormément les végéta*iens je trouve ça vraiment bien de suivre ce que l’on pense jusque dans l’assiette et même si pour celles et ceux qui le sont, c’est normal, moi je dis bravo. Bravo parce que ça implique quand même un régime strict qui peut ne pas être toujours facile à gérer. De mon côté, avec les allergies que j’ai (les fruits exotiques, certains légumes, les pignons de pins…etc), être végéta*ienne me réduirait à manger… peu de choses, c’est donc un peu compliqué/gérable pour ma santé et je ne suis probablement pas prête encore, un jour peut-être. Mais je ne mange pas tant de viande que ça, je fais attention à la viande que je mange et les conditions dans laquelle elle est produite.
    Je me souviens un jour à Carrefour, j’étais au rayon lait et je me suis faite je-ter par une femme qui me voyait acheter du lait de vache, mais genre vraiment quoi! J’en ai brièvement parlé sur mon blog (https://leblogdemelina.com/2015/03/30/des-crepes-au-lait-damande/) et je ne comprends pas les gens qui font ça car, à quel moment agresser les gens va les faire changer d’avis? On est civilisé quand même, on peut parler calmement il me semble, surtout que je suis ultra ouverte au dialogue. Une amie à moi est devenue végétalienne avant son Erasmus en Inde et je me suis ouverte à la nourriture végéta*ienne comme ça, en cherchant des trucs que je pourrais lui cuisiner. Et c’est cool, c’est bien aussi de voir qu’on peut bien manger, même faire de la pâtisserie végéta*ienne! Et il m’arrive d’en cuisiner pour moi aussi, et pour mon mec. Elle a tenu plus d’un an mais a repris en France car elle faisait des rêves où elle mangeait de la viande, claquait des dents dans son sommeil etc… La frustration. Elle a repris mais elle n’en mange vraiment pas beaucoup, de temps en temps seulement.
    Bref, merci pour ce post. MERCI. Je suis ouverte au dialogue avec tout le monde, et je comprends les végéta*iens mais ne supporte pas le « culpabilisons pour changer les gens », non, je suis désolée, ça ne marche pas comme ça.

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    1. C’est vrai que quand on a des restrictions alimentaires de type allergie, ça peut être plus compliqué, tu fais bien de le mentionner ! Mais ne t’inquiètes pas manger vegan ne se résume pas à manger des fruits loin de là (on peut même se faire de bon gros burger bien gras :p).
      J’avais tendance à être en colère au début de mon véganisme/végétarisme et à en vouloir à toute la terre pour l’exploitation des animaux… J’arrive à comprendre ceux qui n’arrivent pas à contenir cette colère et qui la passe sur les omnivores, malheureusement je pense que c’est plus contre-productif qu’autre chose en effet…
      Mais je distingue quand même les attaques faites sous le coup de la colère et le simple exposé de faits et de mise en avant de l’exploitation que je ne considère pas comme de la culpabilisation

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  2. Je suis en partie d’accord avec toi, mais pas totalement.
    Si sur le fond tu as raison, sur la forme, je ne cloisonnerais pas autant les omnivores (pour moi, je suis omnivore point et pas « carniste », ce mot n’existe pas, ne veut rien dire, et n’est dans aucun dictionnaire – corrige-moi si je me trompe ^^).
    Par exemple, je suis un mélange de plusieurs points : je suis (malheureusement) consciente que les conditions ne sont pas humaines et que c’est horrible, j’aime les animaux (eh oui), mais j’avoue que la viande fait partie de mes aliments préférés, au niveau du goût et de la texture. Donc là, je ferais partie de la première case dans laquelle tu nous mets (celle du mot qu’est pas dans le dico :P).
    MAIS. Mais.
    Jamais je ne vais agresser un vegan parce qu’il est vegan. Moi si on ne vient pas me mettre des gyrophares sous le nez avec les sirènes « eh oh youhou je suis vegan kikoulol et toi t’es une grosse méchante pas belle parce que t’es CARNISTE même que ce mot n’existe pas youpi tralala spéciste antispéciste conneriste et tous les mots chelous en iste », je m’en balek complet. On parle de tout, de rien, si la personne fait un malaise je ne vais pas lui dire que c’est à cause de son mode de vie. Je lui demande si elle veut s’asseoir 2 minutes, si elle veut boire un verre d’eau, et j’attends qu’elle aille mieux pour repartir et continuer notre trajet. La base. Avec les personnes en fauteuil, avec des lunettes ou avec les seins refaits, on ne fait pas ça. Donc je ne vois pas pourquoi on le ferait plus avec les vegans 😉 Donc je n’agresse pas.
    Par contre, si on m’agresse alors que je ne demandais rien, là, je mords. Mais c’est plus de la légitime défense que de l’agression, puisque moi de base je m’en balek total.
    Donc oui je suis d’accord, les vegans culpabilisateurs, ils sont très très cons. Mais pas uniquement envers une seule « catégorie ».
    Une personne n’a PAS à agresser gratuitement une personne pensant et agissant différemment, sous couvert de propagande pour rameuter des adeptes (ptdr on dirait que je parle de militants d’En Marche là, sorry, je grossis le trait pour vous mais c’est juste pour que l’image soit bien nette quand tu visualises l’idée). Nous, les omnivores conscients mais aimant trop la viande pour l’arrêter, on ne vient pas emmerder les autres, on fait notre vie, et tant qu’on a notre plat préféré dans l’assiette on est content, point. Donc dans l’autre sens, ça doit être pareil, que nous sommes conscients, éclairés, ignorants ou qu’on ait des problèmes de santé/financiers/pas le temps. Nous sommes tous pareils :)) On est qui pour juger et pour dicter la conduite des gens ?
    Du coup je vais lire ton premier article !!! 😉
    Bisous !!

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    1. Plusieurs choses à répondre à ce long commentaire ! Je vais y aller point par point 🙂

      Tout d’abord, certes une langue est définie et cadrée par les mots de son dictionnaire, mais le principe même de la langue est d’évoluer par l’utilisation qu’on en fait. Nommer les choses est bien pratique, et tous les jours des mots sont créés pour nommer plus spécifiquement les choses, c’est le cas ici. Si tu te sens heurtée par le terme « carniste », c’est sûrement que cette définition a du te mettre face à une contradiction : « oui je sais que manger de la viande à des conséquences graves, mais moi j’aime ça, je n’ai pas envie d’arrêter ». Je suis passée par là aussi, et je sais que c’est pas facile à admettre, je ne te juge donc pas, mais dis toi que ce n’est surement pas le mot mais ce qu’il évoque qui te heurte.

      Ensuite, le véganisme n’est pas qu’un régime alimentaire. Le véganisme c’est un mouvement politique (non pas une secte ou que sais-je) et comme tout mouvement politique (le féminisme, l’antiracisme, la lutte pour les LGBT…etc), il vise à réduire les inégalités et les injustices faites à un groupe, ici les animaux, en interpelant les gen.tes, en menant des actions, en dénonçant des propos ou des comportements. Si un.e végane vous parle de l’impact de la viande sur l’environnement, la santé, l’humain..Etc ou de spécisme, il n’est pas juste en train de dire « ouais moi je mange des légumes c’est mieux que de manger un steak » par pur plaisir. Crois-moi, être végane dans cette société n’est pas un plaisir, galérer à trouver des produits non-testés, à manger correctement dès que l’on sort de chez soit, à trouver des chaussures véganes… rien n’est facile. Et ce n’est rien par rapport à ce que subissent les animaux. Tout ce que les véganes vous reprochent, c’est pour les animaux qu’ils le font : ils militent, comme une féministe reprocherait à un quelqu’un.e son sexisme (attention je compare ici les luttes et non ceux qui sont opprimés). Ils n’essaient pas de dicter votre conduite mais de vous ouvrir les yeux sur un problème, et donc forcément ça peut sembler être du prosélytisme alors qu’il ne s’agit que de militantisme.
      Pour moi, tant qu’il s’agit d’un dialogue sans agressivité, avec exposition des faits, il ne s’agit pas de culpabilisation ou d’agressivité (que je bannis on est bien d’accord, même si je comprends les véganes qui peuvent l’être envers les carnistes, et eux seulement). Mais de ton côté, tu peux trouver ça envahissant, agressif…etc car cela remet en cause tout ton mode de vie (comme nous l’avons nous même remis en cause) et te mets face à des contradictions ou des choix que tu fais (manger de la viande, du lait…etc) en sachant qu’ils ont des conséquences négatives.

      J’espère que ça a pu t’éclairer 🙂
      Bisous à toi aussi !

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  3. je suis d’accord avec toi. je trouve certains vegans vraiment très agressifs alors même qu’ils prônent la compassion. Ont-ils toujours été vegans ? non pour la plupart, donc ils pourraient se mettre à la place de tous ceux qui ont besoin de temps pour effectuer des ajustements. Et même s’il n’y a pas d’ajustements, c’est un choix personnel qui attrait aux libertés de chacun que l’on ne peut pas remettre en cause. Par ailleurs, il y a de nombreuses personnes qui essayent de réduire leur consommation de viande et/ou de poisson et je pense que chacun peut à son niveau, selon ses envies, son éthique, ses capacités financières oeuvrer pour le monde dans lequel on vit. Ce n’est pas parce que l’on est qq chose, ou que l’on est pas qq chose qu’on a le droit de critiquer la façon de vivre des autres.

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    1. C’est vrai que nous avons du mal à nous rappeler notre passé de non-véganes, parce que nous ressentons une telle urgence pour les animaux que nous aimerions que tout change, tout de suite. Cette urgence elle est présente à chaque instant pour nous, avec le compteur de victimes animales que l’on connait pertinnement.
      Mais je suis d’accord qu’il faut parfois prendre de la distance avec ça, parce que notre colère ne nous aide pas toujours à bien militer pour les animaux.

      Par contre je ne suis pas d’accord avec toi, le véganisme n’est pas un choix personnel, c’est un choix et une direction politique. Notre société est profondémment spéciste, c’est à dire qu’elle opère une discrimination fondée sur l’espèce : on considère qu’exploiter les animaux est légitime. Hors, les véganes veulent remettre en cause cette exploitation. Ainsi, ce n’est pas un choix personnel, mais un véritable sujet de société qu’il faut prendre en charge.
      Je vais faire un parallèle (en terme de moyens et de lutte et non d’individus opprimés) : tu ne vas pas dire qu’être féministe ou non est un choix individuel, qu’on peut choisir d’être sexiste ou non selon son goût personnel ! Au contraire c’est un véritable sujet de société et une lutte très importante pour les personnes qui sont opprimé.e.s ! Pour le véganisme, les animaux ne peuvent pas faire entendre leur voix, ce sont nous, les véganes, qui portons la lutte politique pour la fin de leur exploitation. Pour nous ce n’est pas un choix personnel, c’est une lutte sociale, et c’est en ça que nous critiquons votre façon de vivre, non pas par plaisir de venir embêter une personne qui mange de la viande, mais parce que pour nous c’est une véritable lutte politique.
      Pour moi, tant quelle se fait sans agressivité ou violence à l’encontre d’une personne, cette lutte est légitime, quand bien même elle vous mettrait face à des contradictions qui vous font culpabiliser. A ce moment là, ce ne sont plus les véganes qui sont culpabilisateurs, mais la réalité qu’on vous montre.

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  4. Lorsqu’on prend le chemin du véganisme, cela devient une évidence pour nous. Naturellement on devient un obsédé, et on ne comprends pas commende les autres ne parviennent pas à voir cette évidence qui est pour nous acquise depuis longtemps. Je me suis quelque fois emportée, et ton article me rappelle à la modération et la pédagogie. merci!

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  5. Merci pour ce post. Ça fait 1 an que j’essaye de transitioner du végétarisme vers le végétalisme et que je n’y arrive pas – maudite TCA. Et soigner la TCA passe par l’augmentation de ma consommation d’œufs.
    Je m’en veux déjà assez, alors quand je lis/vois des gens qui disent que les gens qui n’y arrivent pas sont des ordures de spécistes qui se réjouissent de l’Holocauste des animaux, ça fait du mal. Et chez moi, si ça fait du mal, ça fait des kilos de fromage ingurgités.

    Alors merci de mettre derrière ce que j’ai vécu les mots de l’oppression des malades. Je comprends mieux mon vécu.

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    1. Malgré le détournement de l’article qu’à fait le HuffPost pour tourner l’article vers la déculpabilisation des carnistes, c’est bien pour les personnes comme toi que je l’ai écris. Alors si ça a pu t’aider ou te soulager, c’est le principal !

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  6. Je n’ai pour ma part jamais rencontré de personne végane ayant ce genre de comportement, et pourtant je suis une grande carnivore! Loin d’eux l’idée de faire du prosélytisme (et encore moins de culpabiliser les gens): ils ont fait un choix personnel, point barre. Par contre mes connaissances véganes sont souvent confrontés au jugement d’autrui, et considérés comme des bêtes curieuses. Ils en ont marre de devoir s’expliquer (et ont d’ailleurs renoncé à le faire). Je comprends bien que tu ne cherches pas à généraliser, mais à te lire on croirait que la culpabilisation des végans est courante. Alors que c’est plutôt la situation inverse qui est la plus habituelle!
    Merci pour ton blog en tout cas 🙂

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    1. Je suis moi-même végane et en effet je sais quel accueil peuvent recevoir nos connaissances et informations partagées sur les raisons du véganisme et sur l’alimentation végétale !
      Si j’ai choisi de parler de la culpabilisation dans cet article c’est surtout pour parler de la culpabilisation des personnes handicapé.es, malades et/ou précaires. C’est quelque chose que j’ai pu remarquer notamment dans les cercles militants véganes sur les réseaux sociaux et que j’ai voulu dénoncer. Après bien sur que tous les véganes ne sont pas comme ça !

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  7. la culpabilisation ca n’existe pas . si un VG dit a quelqu’un qu’il est en train de manger un animal qu’on a torturé et tué ce n’est pas une tentative de culpabilisation, c’est un fait avéré.
    si la personne en face se sent culpabilisé c’est parce qu’au fond d’elle meme elle sait que son interlocuteur-trice a raison :p
    sa culpabilité lui appartient donc et n’est en aucun cas le resultat d’une pression exterieure.
    ensuite concernant les personnes handicapées ou en difficulté, je pense qu’il faut se rappeller que la vie c’est pas internet.
    parler derriere un ecran permet a certain de se sentir tout puisant et les rend ultra con, vegan ou pas d’ailleurs..
    mais dans la vraie vie je n’ai jamais eu vent de ce dont tu parle dans cet article. dans la vraie vie ca ne se passe pas comme ca.
    avoir des pb financiers, des TCA ou un handicap n’empêche en rien d’etre VG, en disant ca c’est toi qui fait de la discrimination…
    pas besoin d’avoir un DEUG de chimie pour manger VG et meme pas besoin de cuisiner d’ailleurs …
    alors faire tout un article dessus comment dire… tu t’ennuie pendant tes vacances ?
    pour finir je dirais que je ne sais pas quel genre de vegans tu frequente mais vu les « cas » que tu dis avoir vu je pense qu’ils devaient deja etre cons avant d’etre vegan, et tu devrais changer d’amis …
    bonne fin de journée

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    1. Je suis d’accord avec la première partie de ton commentaire, parfois ce n’est pas de la culpabilisation mais simplement la personne qui se sent attaquée.
      Ensuite sache que non je ne m’ennuie pas pendant les vacances puisque je travaille 🙂
      J’ai un peu du mal à la distinction que l’on fait entre « en vrai » et « sur internet ». Le militantisme et notamment le militantisme végane se fait beaucoup sur internet. Mon but est antispéciste, c’est à dire la fin de l’exploitation animale, pour ça j’essaie de discuter du moyen de lutte le plus efficace. Or là je pointe certes une minorité de personne mais qui font du mal à la lutte antispéciste en étant validistes et/ou classistes.

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