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Maquillage et normes de beauté

Bonjour bonjour ! J’aimerai vous parler aujourd’hui de ma relation avec le maquillage, son évolution et ma vision d’aujourd’hui. Le maquillage et moi ça n’a pas toujours été facile et il m’a fallu bien longtemps avant de me maquiller uniquement par plaisir plutôt que par obligation. Je vous raconte tout ça !

Le maquillage et moi

J’ai commencé à me maquiller à 13-14 ans environ, à mon entrée au lycée. Ma mère ne voulait pas que je me maquille au collège, et même si cela me frustrait un peu parfois parce que je voulais faire comme toutes les autres filles, je ne m’en préoccupais pas plus que ça.

Au début de mon lycée, je ne me maquillais pas beaucoup, un peu d’anticernes et de mascara et puis c’était fini ! Mais au cours de mes années lycée je me maquillais de plus en plus : fard à paupières, rouge à lèvres, fond de teint…etc. Je mettais environ 20 à 30 minutes tous les matins à me maquiller pour que ce soit parfait. Heureusement pour moi, je n’ai jamais acheté beaucoup de maquillage car je n’ai jamais été très dépensière.

Se maquiller quotidiennement et beaucoup n’est pas un problème pour moi, chacun.e fait ce qu’iel veut de son corps et gère ses insécurités comme iel peut. Personellement, j’en étais arrivée à un stade où je ne sortais plus faire les courses dix minutes sans me mettre au moins un peu de maquillage. C’était certes par coquetterie, mais surtout car je n’assumais plus de sortir sans.

A mon entrée en prépa, j’ai arrêté de me maquiller au quotidien, d’abord parce que je préferais dormir 15 minutes de plus plutôt que de me maquiller et ensuite parce que je n’en voyais pas l’utilité, étant donné que je passais ma journée enfermée dans ma chambre, la salle de classe ou le CDI pour travailler. De plus, j’ai rencontré l’amoureux peu avant mon entrée en prépa, et il m’a rapidement fait comprendre qu’il me préferait sans maquillage ! Si j’ai d’abord changé pour lui plaire, j’ai rapidement compris les avantages qu’il y avait à ne plus se maquiller et notamment en terme de confiance en soi.

Ne pas se maquiller au quotidien, c’est réapprendre à voir son visage avec ses petites rougeurs et ses cernes, sans le considérer comme « fatigué » ou penser que l’on a une sale tête. Pour moi, c’est devenu ma tête normale, de tous les jours et j’ai appris à l’aimer avec ses défauts et ses qualités.

D’un autre côté, je me suis découvert un véritable goût pour le maquillage. J’adore me faire des maquillages plus ou moins élaborés pour des occasions spéciales ou simplement lorsque j’en ai envie. Je ne me trouve pas plus belle avec le maquillage mais seulement différente. Pour moi, il s’agit presque d’art plus qu’un véritable embellissement. Mais combien de fois j’ai entendu les gens me dire, alors que j’avais mis un peu de maquillage : « oh tu es belle, ça te va bien », alors que ce genre de compliments je n’y ai que très peu le droit en temps normal.

Quand la réalité sexiste te rattrape de plein fouet

Dans mon univers de la prépa, j’étais préservée. Tout le monde passait son temps à travailler, le nez dans les bouquins, peu de filles se maquillaient. Je n’étais donc pas un ovni parce que je ne me maquillais pas. J’avais un certain privilège d’avoir pu faire ce choix sans être jugée socialement par les personnes qui m’entouraient.

Mais, cet été j’ai trouvé un job qui consiste à accueillir des clients. Lors de l’entretien d’embauche, l’accent a bien été mis sur le fait que j’étais la première image que les clients avaient de l’agence et on m’a bien fait comprendre qu’il fallait que je sois plus que présentable.

Or voilà, lorsque l’on est une femme dans notre société, un tas de critères nous sont imposés pour que l’on soit considérées comme « présentables », et ce d’autant plus dans le monde du travail : mettre un soutien-gorge pour ne pas avoir les seins qui pendent, se maquiller pour cacher cernes et autres boutons, être épilée, ne pas mettre de vêtements trop courts ou décolletés, mettre des talons…Etc. Quelques poils, cheveux ou boutons qui dépassent et nous sommes vite considérées comme négligées.

Je me suis donc remise à me maquiller tous les jours, à contre-cœur, alors que je préférerai largement ne pas me maquiller. Et j’en vois les stigmates sur ma confiance en moi et sur ma peau. Le faire tous les jours me renvoie une image de moi lissée, « améliorée », conforme à ce qu’attend la société et lorsque je me démaquille je me trouve de nouveau « fatiguée », « boutonneuse »…etc etc. De même, ma peau n’apprécie pas plus que ça le retour des produits pas vraiment naturels sur son épiderme…

Même si mon patron ne m’a pas explicitement dit « maquille toi sinon ça ne va pas », je ressens tout de même une certaine pression sur mes épaules. On attend de moi que je me maquille au moins un minimum, pour montrer que je fais l’effort de prendre soin de moi et de renvoyer une bonne image.

Or, on ne demande pas ça à un homme (même si je suis d’accord qu’il existe des exigences comme le costard-cravate ou le rasage dans le cadre du travail). On n’attend pas d’un homme qu’il se maquille tous les jours pour cacher ses boutons ou ses cernes. On ne le considère pas comme négligé parce qu’il n’a pas appliqué de fond de teint le matin….

Je suis fatiguée de ces normes sociales, auxquelles je finis par me plier moi-même parce que « ce n’est qu’un job étudiant, ça ne durera pas longtemps » ou « ça ne te coûte pas grand chose ne fais pas d’histoires ». Je comprends totalement les personnes qui ne peuvent pas sortir sans maquillage, qui se préfèrent avec et n’arrivent pas à se soustraire à cette norme. Jamais je ne me permettrai de les juger et cet article n’est pas là pour les culpabiliser de ne pas arriver à s’aimer au naturel. Il ne devrait pas y avoir d’injonction à s’aimer comme il ne devrait pas y en avoir à se maquiller ou s’épiler. Si je blâme quelqu’un.e ou quelque chose c’est bien cette société qui nous dicte ce que nous devons faire de notre corps, ainsi que toutes les personnes qui jugent les autres pour leurs choix. Mon corps, mes choix.

Les normes de beautés et moi

Malgré tout, je suis une femme blanche, valide et mince. Je correspond aux normes de beautés qui sont implicitement placées comme un idéal dans cette société, je suis donc en grande partie privilégiée. Contrairement aux femmes noires, j’arrive à trouver du maquillage et je peux laisser mes cheveux au naturel sans être considérée comme négligée. A l’inverse des femmes grosses, je trouve des vêtements à ma taille facilement et je n’ai pas de problèmes de place dans l’avion.

Je subis beaucoup moins d’injonctions que d’autres femmes qui ne pourront, elles, jamais atteindre l’idéal des normes de beautés pour se soustraire à la pression de la société. Si moi je ressens déjà cette obligation à me maquiller, ce n’est en réalité que la surface d’un système entier qui exige de la femme qu’elle ressemble à la femme blanche (mais un peu bronzée), mince, valide, complètement lisse (sans poils, boutons, vergetures ou cellutite) pour être considérée comme digne d’intérêt et de respect.

Lorsque je me suis rendue compte des injonctions qui pesaient sur moi et du système d’oppression sexiste, raciste et grossophobe qui en découlait, j’ai voulu essayer de m’y soustraire au maximum, pour changer ma vision des corps et de la beauté. C’était un moyen pour moi de m’accepter sans maquillage, avec des vergetures, des poils, sans soutien-gorge..Etc. En cela, c’est le mouvement bodyposi et fatposi qui m’y ont aidée. Ces deux mouvements ont pour but de mettre en valeur des corps non-normés, pour valoriser leur beauté et l’acceptation de formes différentes de beauté. C’est aussi revendiquer pour ces corps gros, handicapés, poilus, noirs, transgenres…etc un droit au respect égal.

Je vous partage ici mon compte favori bodyposi : l’Utoptimiste. Le compte est tenu par une femme grosse qui publie régulièrement des « best of » de photos bodyposi !


Et vous ? Quelle est votre relation avec le maquillage et votre corps ? Comment vous sentez-vous face aux modèles de beauté normée ? N’hésitez pas à me donner votre expérience dans les commentaires !

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Hylfee

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4 commentaires sur “Maquillage et normes de beauté

  1. J’ai de la chance de bosser dans un cabinet de consultant, où en fait nous ne sommes que des femmes dernièrement, et où le maquillage n’est pas la norme. Oui parfois je me maquille, que ça soit un jour sans rdv où un jour avec, mais je ne me suis jamais pris la tête sur le sujet. Dans l’accueil ça a l’air plus compliqué en effet. Bien que ce que je trouve le plus important c’est plutôt le sourire, l’amabilité et bien évidemment le professionnalisme de la personne plutôt que sa tenue !

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  2. Pour ma part, je n’ai jamais été très portée sur le maquillage.
    J’ai commencé au lycée, et j’ai fait des expériences – comme on en fait souvent au début – mais j’ai rapidement laissé tomber.
    La plupart du temps, lorsque je me maquillais régulièrement, cela signifiait : mettre un peu de mascara sur mes cils, éventuellement un rouge à lèvres, et basta. Et ça me suffisait.
    Puis est venu mon BTS en communication visuelle, et la fac, et là je n’étais pas contre un peu de sommeil en échange d’un maquillage qui ne me paraissait pas obligatoire.
    J’ai donc évolué, un peu comme vous le montrez dans votre expérience personnelle, d’un maquillage « pour faire comme les autres » à un maquillage « parce que j’ai envie ».
    Etant actuellement sans emploi, je ne subis pas au quotidien cette pression du maquillage « pour être présentable », mais je sais que ma sœur et d’autres femmes de mon entourages le subissent.

    Lors de ces moments où je me maquille parce que j’en ai envie, il m’est souvent arrivé d’avoir comme commentaire, de la part d’hommes, mais aussi beaucoup de femmes :
    « Tu es jolie comme ça. Tu devrais le faire plus souvent. »
    Typiquement le genre de commentaire que je déteste entendre. Parce que quand on me dit ça, j’entends :
    « Tu es jolie avec du maquillage. Tu ne l’es pas sans. Tu devrais te forcer à être jolie pour nous, pas pour toi. »
    J’aimerais parfois préciser à ces personnes :
    Je sais que je suis jolie. J’ai mis des années à essayer de m’apprécier, de m’accepter comme je suis, de parvenir enfin à me trouver jolie. Et je le suis au naturel, sans maquillage, sans masque.
    Lorsque vous me dites ça, vous me faites régresser, revenir des années en arrière, à ce corps et à cette personne que je n’appréciais pas. Et c’est pas cool.
    En fait, c’est surtout la deuxième phrase qui me pose problème : tu devrais le faire plus souvent.
    La première phrase était suffisante. C’est un compliment. La deuxième est un jugement, et n’est vraiment pas nécessaire.

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