Autres réflexions antispécistes

Substitut or not substitut ?

Bonjour bonjour ! Je reviens aujourd’hui, après une petite absence pendant laquelle je n’ai pas trop trouvé le temps d’écrire, pour vous donner mon avis sur les substituts, tant les similis carnés que les vromages, lait végétaux ou yaourts de soja par exemple !
Ça risque d’être assez long, prenez votre popcorn et vos lunettes, on est partis !

bob eponge

Un petit peu de storytelling pour commencer !

Au début de mon végétarisme, il y a environ un an de ça, j’étais une grande consommatrice de substituts. Malheureusement pour moi, à ce moment là, il n’y avait que peu d’offres en grande surface, là où ma famille fait ses courses. Je n’avais pas vraiment le choix des produits que je consommais, habitant encore chez mes parents le week-end et en internat la semaine.

Je rentrais le samedi en milieu d’après-midi et repartais le dimanche soir de chez mes parents. Ma mère qui est la personne qui prépare les repas chez nous ne connaissait pas grand chose au véganisme et à la nutrition pour un régime végétalien…Etc. Pour celleux qui ont fait une prépa, vous savez que l’on passe nos week-ends le nez dans le travail, et je n’avais ni le temps ni la force de cuisiner. C’était donc ma mère qui me préparait mes repas et il était bien plus facile pour elle de mettre un steak de soja dans la poêle pour moi (pendant qu’eux se faisaient de la viande) que de cuisiner entièrement végane. Les substituts étaient le seul moyen pour moi de manger plus ou moins correctement et de faire accepter mon végétarisme/véganisme. Cela renvoyait l’idée : « regardez je mange comme vous, ça a la même forme, ce n’est pas parce que je suis végane que je ne vais plus pouvoir manger comme vous ». Les substituts m’ont donc été très utiles dans mon début de vie de végétarienne.

Pourquoi rechercher des similis carnés ou des vromages lorsque l’on est végane ?

On ne naît pas végane (ou très rarement) et on ne devient pas généralement pas végane parce que l’on n’aime pas la viande ou le fromage. Des carnistes convaincu•es ou des mordu•es de fromage (coucou ancienne moi) deviennent véganes par conviction, parce qu’iels estiment que la vie animale, l’écologie et la juste répartition des ressources sont plus importants que leur simple plaisir gustatif. Devenir végane n’est pas un plaisir : on s’assoit sur nos anciennes habitudes alimentaires, sur une partie de nos interactions sociales et on se complique la vie à chercher des produits véganes. Mais on le fait parce qu’on estime que c’est une nécessité et que notre plaisir ne passe pas avant la souffrance animale.

Depuis tout•es petit•es, nous sommes soumis•es à une certaine culture et notamment à des habitudes culinaires et alimentaires. Devenir végane, c’est réapprendre à manger et faire une croix sur certains aliments. Et je ne vois pas le mal à essayer de retrouver ces aliments, leur goût et leur texture sans la souffrance qui leur était liée. Cela peut même aider certaines personnes à faire la transition entre un régime omnivore et végétarien ou végétarien et végane. Alors que demander de plus ?

Un•e carniste à bout d’arguments me dira : « si tu trouves que la viande c’est du cadavre, pourquoi en rechercher la texture et le goût, c’est pas un peu contradictoire ça, heeein ? ». Déjà, calme-toi Jean-Mi, je vais t’expliquer. C’est la souffrance et ce que représente la « viande » que je n’aime pas. Je n’envisage pas de manger mes ami•es humain•es, je n’envisage pas non plus de manger mes ami•es non-humain•es ou un quelconque être vivant et sentient. De plus, la viande est une catastrophe écologique, donc non merci, je n’en veux pas.

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Mais oui, Jean-Mi, la « viande » j’ai aimé ça, même si je n’aurais jamais du y goûter, et oui j’ai un rapport autre que simplement nutritif avec la nourriture, un rapport affectif et culturel. Alors, en effet, j’ai envie de reproduire les plats que j’aimais et que je partageais avec ma famille, et si je trouve une alternative sans souffrance, bingo! Je défie n’importe qui de se défaire totalement de ses habitudes alimentaires et de passer à autre chose du jour au lendemain. Peu de personnes en sont capables, et je les admire.

La référence à la chair animale et au fromage est-elle nécessaire ?

Un•e végane me dira « Pourquoi toujours vouloir faire référence à la viande, au fromage ou au lait alors qu’on cherche à s’en détacher ? » Mel, assis-toi faut que je te parle (pardon). Plus sérieusement, il est vrai que dans un idéal, ne plus faire référence à la chair animale comme un aliment serait un but à atteindre. Entre temps, nous ne sommes pour l’instant que peu de végétarien•nes, encore moins de végétalien•es et une infime proportion de véganes. Je trouve que ces appellations comme « escalope de soja », « saumon fumé végane » ou « lait d’amande » peuvent aider toutes les personnes qui se questionnent sur leur mode de vie et souhaitent diminuer leur consommation de POA (produit d’origine animale). Cela peut les orienter sur les produits qu’iels peuvent utiliser pour réaliser leurs anciennes recettes préférées mais sans souffrance. Cela permet aussi de montrer que ce n’est pas parce que l’on est végane que l’on doit renoncer à certaines saveurs/textures. Et personnellement je trouve ça bien de se réapproprier un vocabulaire pour le consacrer uniquement au végétal. Peut-être qu’à l’avenir lorsque nous dirons « lait » pour une recette, nous ne ferons qu’uniquement référence au lait d’avoine ou d’amande car il nous semblera absurde de mettre du lait d’animal dans une recette 😉 Mais en effet, certaines appellations comme « saumon fumé végane » devront cependant être abandonnées pour ne plus faire référence à l’animal comme un aliment.

Cependant l’interdiction récente d’utiliser le terme de « lait » pour les laits végétaux par exemple montre une certaine « peur » des industries des POA envers le mouvement végane qui se démocratise. Les consommateurices, même omnivores, sont de plus en plus concerné•es par la qualité de ce qu’iels achètent et les conditions de productions. Les produits laitiers et la viande ne leur paraissent plus tant leurs « amis pour la vie » et iels se tournent de plus en plus vers du végétal, souvent meilleur pour leur santé. Enlever la mention « lait » sur les laits végétaux (qui de toute façon ne s’y trouvait déjà que peu souvent), est une manière de désorienter les omnivores curieux•ses ou qui souhaitent remplacer leur lait de vache par du lait végétal…

Les substituts : une fonction sociale

Combien de fois n’avez-vous pas entendu dire que les véganes ne mangeaient rien, pas comme tout le monde, que l’on ne mangeait que de la salade et des graines ?
Comme je vous l’ai dit lorsque je vous ai raconté mon rapport aux substituts, ceux-ci avaient un côté rassurant pour mes parents et mes autres proches. Ils leur montraient que je pouvais manger comme eux, que je n’aurais pas forcément un plat séparé à chaque repas. Petit à petit j’ai même pu cuisiner des plats communs comme des pâtes à la bolognaise végane grâce à ces substituts, qui leur faisaient mieux accepter l’idée d’une cuisine végane.

yummy

Pour moi les substituts jouent donc un rôle social fort : cela montre au reste de la planète que l’on peut aussi manger des bons hamburgers et de la pizza au fromage. Que l’on peut faire des barbecues avec eux, car il existe des saucisses véganes. Les substituts sont, dans une certaine mesure, un moyen d’être moins exclu•es de la dimension sociale des repas : se retrouver tout•es ensemble autour d’un même repas.

D’un autre côté cela ne m’empêche pas de critiquer cette idée qu’il faudrait tout•es manger la même chose pour qu’un repas soit réussi ! Pour moi l’important est plus de tout•es se retrouver plus que tout•es manger la même chose.

Il faut donc louer tous les similis et substituts ?

Le développement de marques et de magasins véganes sont pour moi une bonne chose. L’engagement de ces marques pour le véganisme fait que nous pouvons placer notre confiance dans celles-ci. Malgré tout elles restent dans la grande majorité chères (une dizaine d’euros pour un camembert végétal, adieu). Pour moi, si nous avons les moyens de nous payer des bons similis, c’est vers ces marques qu’il faut se pencher : celles qui ne profitent pas du véganisme comme d’un nouveau marché mais qui veulent vraiment diversifier l’offre végane pour les véganes.

Je ne blâmerais pas les personnes qui, par contrainte (manque d’argent, de temps..etc), achètent des similis qui proviennent de marques comme Herta, Fleury Michon ou Le Gaulois. Je comprends bien que ces personnes là n’ont pas vraiment le choix, de plus ces similis restent malgré tout assez coûteux et souvent pas très bons pour la santé.

D’un point de vue anticapitaliste et antispéciste, qui est le mien, même si l’élargissement de l’offre de produits véganes montre une certaine perméabilité de la société (et donc du marché) aux idées véganes et antispécistes, je vois d’un mauvais œil la récupération du végétal par de grandes filières de la viande. Elles ont alors tendance à éclipser les plus petites marques véganes qui ne pourront que difficilement se faire de place auprès du consommateur. De plus, il ne faut pas oublier qu’acheter un produit Herta, quand bien même il soit végane, c‘est surtout financer un des plus grands producteurs de viande, qui se servira de cet argent pour faire la promotion des POA.
Il me semble alors bien préférable, si on en a les moyens, d’acheter à de plus petites marques qui ont un véritable engagement pour le véganisme. Il s’agit de la même logique pour moi que de ne pas acheter à une marque de cosmétique qui ne teste pas ses produits sur les animaux en Europe, mais vend en Chine où les tests sont obligatoires…

what else


Et vous, substitut ou pas substitut ? Que pensez-vous de l’interdiction de l’utilisation de termes comme « lait » ou « viande » pour parler de similis/substituts ? N’hésitez pas à partager votre point de vue dans les commentaires !

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Hylfee

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4 commentaires sur “Substitut or not substitut ?

  1. Je n’achète quasi jamais de substitut, déjà à part des steak vg il n’y en a pas dans mon supermarché, et comme tu le dis c’est cher. Et en fait, au bout d’un moment j’ai adapté mon assiette et ça fait des années que je n’ai pas besoin d’avoir un steak dans mon assiette. Après que ma famille achète ça plutôt que de cuisiner une chose en plus je comprends parfaitement, même si je trouve que pour les omnis autour de la table ça donne une image un peu triste du végéta*isme.
    Pour le vromage, j’ai acheté un de la petite frawmagerie en juillet, et là j’ai -le temps de le manger, 5 jours ?- réussi à ne pas manger de vrai fromage. Il faudrait que je me penche sur des recettes à faire maison, mais j’ai vraiment cette étape dans mes dîners et il va falloir que je travaille dessus pour éradiquer le fromage (et les souffrances liées).

    Aimé par 1 personne

  2. Pas de simili pour ma part…uniquement parce que je n’en éprouve pas l’envie mais je ne m’interdis pas d’en consommer pour autant si un jour l’envie m’en prenais. Je ne les vois pas d’un mauvais oeil. Par contre, oui, je bois du lait végétal et il m’arrive de temps en temps de consommer du yaourt de soja parce que j’en aime le goût, par contre, je n’ai jamais aimé leur « version avec produits d’origine animale ». Je n’ai jamais aimé le lait et les yaourts. Pour le fromage, ça doit être culturel, ça ne faisait pas partie de ma vie même avant….j’aimais bien de temps en temps mais pas plus que ça. Du coup, maintenant, je n’ai pas ce besoin d’avoir du faux-mage à ma table

    Aimé par 1 personne

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