Autres réflexions antispécistes

De l’importance de se dire végane

Boujour bonjour ! Ça fait longtemps non ? Presqu’un mois tout de même ! J’avoue tout, avec la fin du travail, mon déménagement, la reprise des études, voir mes amis et ma famille avant de partir, j’ai pas eu trop de temps à consacrer au blog. Je reviens donc pour vous parler de véganisme et de l’importance de se dire « végane » ou « végéta*ien•ne ».

Vous avez déjà surement entendu cette « blague » que font les omnis plus ou moins affectueusement : « Comment on sait que quelqu’un est végane ?… Il le dit juste après son prénom ». Et là vous êtes censés rire.

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J’aimerai vous montrer en quoi se dire végane ou autre est important pour le mouvement politique qu’est le véganisme. Se dire végane n’est pas seulement une étiquette que l’on se pose pour faire joli, pour montrer une prétendue supériorité et pour appartenir à je ne sais quelle secte.

Être végane : un engagement politique

En effet Jean-Mi, être végane est pour nous une revendication politique et aussi une fierté. Alors, même si on ne le dit pas juste après notre prénom, c’est tout de même une grande partie de notre vie, représentative de nos convictions.

De plus, le véganisme ne passe pas inaperçu. Refuser du fromage, de la viande, un alcool, devoir prévenir un restaurant, la personne chez qui on est invité•e…etc, tout cela attire l’attention sur l’engagement politique auquel on adhère : celui de ne plus participer à l’exploitation animale. A titre personnel, je vais en effet mentionner mon véganisme dès que l’occasion s’y prête, d’abord par practicité : éviter de me retrouver avec de la viande dans mon assiette mais aussi pour éventuellement attirer l’attention sur mes convictions.

Le fait de mentionner notre véganisme va forcément intéresser les gen•tes, iels vont nous questionner sur nos convictions, notre alimentation, notre consommation. C’est alors l’occasion pour nous d’en parler, d’attirer l’attention sur l’exploitation animale, sur le spécisme, d’apprendre des choses aux gen•tes à la fois sur la cause animale mais aussi sur la nutrition. A combien de personnes ai-je du expliquer ce que sont les protéines, pourquoi je ne pouvais pas en manquer, qu’est-ce qu’était la vitamine B12, pourquoi le lait était aussi problématique (oui les vaches ne produisent pas du lait magiquement)…etc ? Quasiment à toutes.

Pour moi, une grosse partie du militantisme végane va se faire à ce niveau là. Et même si le militantisme de rue, dans des associations (plus ou moins recommandables, voir cet article sur Peta et 269Life) peut obtenir des résultats et je pense notamment aux campagnes de L214, nous pouvons déjà avoir une force de frappe dans nos cercles sociaux : ami•e•s, familles, collègues…etc.

Donner de la visibilité au mouvement végane

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au végétarisme et au véganisme, je ne connaissais personne dans mon entourage plus ou moins proche qui l’était ou qui s’intéressait à ces problématiques.

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(Illustration de mon entourage végétarien ou végane)

Je n’en avais quasiment jamais entendu parler, sauf de loin. Pour moi, il coulait de source que je devais manger de la viande, que je pouvais porter du cuir..etc, ces actes n’ont jamais été remis en question par qui que ce soit autour de moi. (D’où l’importance du militantisme sur internet, mais c’est un autre sujet)

S’affirmer végane, végéta*ien•ne ou même flexitarien•ne c’est montrer aux personnes autour de nous que l’on existe, qu’un autre mode de consommation est possible et viable. Rien que par notre existence et nos convictions nous pouvons ébranler les certitudes et les croyances de notre entourage qui ne s’est jamais retrouvé confronté à une remise en cause de sa consommation des autres animaux et de son spécisme.
Ainsi, les personnes intéressées par ce mode de vie peuvent savoir à qui s’adresser, à qui demander des conseils pour réduire voire arrêter leur consommation de produits animaux.

De plus, il peut être difficile pour certaines personnes d’assumer seule d’être « le/la végane » de la famille, et voir que vous avez franchi le pas et que vous assumez d’avoir des discussion sur le véganisme peut aider d’autres personnes à le devenir à leur tour.

Rappel qu’il n’y a que 3% de végétarien•nes en France, et si peu de véganes. Se montrer, discuter, prendre de la place dans la vie et les habitudes des gen•tes ne peut être que bénéfique pour la cause animale. J’ai vu mes amis, mes collègues…etc s’y intéresser uniquement parce que j’ai dit être végane et venir ensuite me montrer et me parler des résultats de leurs recherche. Ils font maintenant plus attention dès qu’ils voient passer des informations là-dessus.

Et pour celleux qui nous accuseraient de prosélytisme : non, le véganisme n’a rien d’une religion ou d’une secte. Oui, c’est une lutte politique contre le spécisme, qui vise à changer la société pour que l’oppression des animaux cesse. Par conséquent, non, nous n’allons pas arrêter de nous revendiquer végane, de parler de véganisme ou de vous faire vous questionner sur votre mode de vie.

« Je ne veux pas me mettre d’étiquettes, ni être assimilé•e aux véganes extrémistes » 

Oui, je sais, je le déplore aussi, il y a de nombreux problèmes dans la communauté végane. Entre le racisme/le sexisme/la grossophobie, la dépolitisation du milieu ou les grands culpabilisateurs qui font partie du mouvement végane, il y a de quoi être rebuté•e. Mais c’est à nous, vous et moi qui voulons un véganisme plus bienveillant (mais toujours radical et abolitionniste), plus accessible et moins oppressif, de montrer que cette « communauté » végane n’est pas représentative des clichés qu’on lui assimile !

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Ensuite, se dire « végane », ce n’est pas se mettre une étiquette aliénante qui nous sépare des omnis et carnistes, dans une hiérarchie ou une séparation nette. C’est plus un outil politique, qu’une véritable définition de ton identité propre. De la même manière que l’on se dit féministe ou anti-raciste, il s’agit de montrer une appartenance à une lutte ou du moins à des idées ou à des convictions partagées. Je me doute que si quelqu’un•e est devenu•e végane, c’est parce qu’iel s’oppose à l’exploitation animale. Il ne s’agit donc pas vraiment d’un choix personnel que de devenir végane, mais d’une adéquation avec des idées politiques, dans le but de ne plus participer au spécisme. Et même si cette personne ne veut pas militer, que ce soit sur internet, auprès de ses proches ou dans la rue, cela ne reste pas moins une décision politique que de devenir végane.

Enfin, je conçois tout à fait qu’une personne n’ai pas la force de supporter les remarques désobligeantes et les débats parfois houleux que l’on peut avoir avec les omnis et carnistes. Dans ce sens, elle préfère vivre son véganisme ou végéta*isme sans le revendiquer ou en parler, et c’est totalement compréhensible. De toute façon, vous aurez une influence rien que par le fait d’avoir adopté un mode de vie différent. Je vous renvoie sur ce sujet au thread de Ginger Power qui parle de son expérience personnelle de végane non-militante.

Petite parenthèse pour conclure : la végéphobie n’existe pas. Certes, l’annonce de notre véganisme peut nous attirer les foudres des omnis et carnistes de notre entourage. Oui les restaurants, cantines et autres lieux de consommation ne sont pas vraiment adaptés à notre mode de vie. Mais les victimes sont les animaux, ce sont elleux qui sont victimes de spécisme qui entraîne des violences inimaginables. Nous ne sommes pas victimes de violences (autre que verbales et sans véritable incidence) parce que nous sommes véganes. Nous ne subissons aucune oppression systémique.

 

C’est l’heure du bilan ! Il est donc tout à fait ok de ne pas vouloir militer et passer des heures à expliquer et réexpliquer les raisons de son véganisme. Mais se dire végane, rien que ça, permet d’attirer l’attention sur un autre mode de vie qui bannit l’exploitation animale. Cela permet de donner une plus grande visibilité à la cause animale et donc aux animaux. C’est faire entrer dans la vie quotidienne de notre entourage et des autres personnes l’idée qu’il existe un autre mode de vie possible, respectueux des droits des animaux, et cela peut permettre de faire changer certaines personnes.


Qu’en pensez vous ? Avez-vous aussi été le seul végane de votre entourage ? Discutez-vous souvent de votre véganisme avec votre entourage ? 

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Hylfee

 

 

 

 

 

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10 commentaires sur “De l’importance de se dire végane

  1. Tout à fait d’accord avec toi sur l’utilité de se déclarer végan.
    Au delà de toutes discussions/débats que l’on peut avoir avec nos proches (alias « ceux qui ne savent pas encore » ou « ceux qui ne veulent pas comprendre »), le fait même d’être là devant eux avec cette étiquette, ça les renvoit à leur propre réflexion sur le sujet. Une personne végane, même sans parler, elle infuse l’idée qu’un monde différent est possible (et souhaitable).

    Et j’encourage vivement ceux qui trouvent parfois l’étiquette lourde à porter, à ne pas se cacher car se revendiquer vegan permet de diffuser un message. C’est déjà un acte militant en soi. Assumer l’étiquette, c’est porter la voix de ceux qui n’ont jamais leur mot à dire et qui disparaissent chaque jour dans l’indifférence générale.

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  2. Bonsoir, Pas de souci à parler du fait que je suis végane, à montrer l’exemple… Je suis passée par le végétarisme avant et comme je ne me trouvais pas cohérente avec moi-même par rapport à la souffrance animale dans son ensemble, mais ça je l’ai capté quand je me suis informée un peu plus et grâce à L214 :o)
    Tu dis « C’est plus un outil politique, qu’une véritable définition de ton identité propre » il me semblait à moi que cela faisait parti de mon identité à part entière maintenant d’être végane …
    Je dois dire que je ne comprends pas trop pourquoi (je te cite encore) : « Il ne s’agit donc pas vraiment d’un choix personnel que de devenir végane, mais d’une adéquation avec des idées politiques, dans le but de ne plus participer au spécisme. Et même si cette personne ne veut pas militer, que ce soit sur internet, auprès de ses proches ou dans la rue, cela ne reste pas moins une décision politique que de devenir végane »
    Tu veux peut être dire que parce que nous sommes véganes nous pesons sur des décisions politiques et sur de grosses entreprises par nos achats pour les faire changer de comportement vis à vis des animaux et de faire des lois en ce sens ??
    Parce que perso je n’ai pas le sentiment de faire de la politique ni de peser quoique ce soit :o)
    Ni même de faire de la politique en allant participer à la « Nuit debout » le 26 Septembre :o) En priant que ce soit effectivement pacifique !!
    Désolée pour ce pavé et pour mon « incompréhension » :o)
    Bon week-end

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    1. Effectivement pour moi aussi ça fait partie de l’identité que d’être végane, mais je voulais surtout dire que ce n’était pas l’unique définition d’une personne, qu’elle ne pouvait pas être autre chose que végane et que de se dire végane l’enfermait dans une case où iel ne pouvait être rien d’autre !
      Ensuite par décision politique j’entends le fait que par ton choix de devenir végane tu t’opposes au spécisme de la société, tu choisis de boycotter des produits, des marques…Etc, tu influences les personnes autour de toi. Ce n’est pas tellement avoir un poids dans la balance, mais vouloir un autre fonctionnement pour la société, que tu mets toi-même en pratique, c’est ça que j’appelle politique 🙂
      Bon week-end à toi !

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      1. C’est clair que je boycotte à fond !! L’huile de palme depuis des années par souci écologique, ce qui englobe les échos systèmes et l’habitat des animaux (et leur détresse face à leur habitat (à EUX) détruit par l’homme … ) les produit chimiques pour les mêmes raison au départ : le jardin, la planète, la Terre … et donc je mange bio si possible … En fait je me rend compte que d’être écolo depuis des années, de plus en plus cohérente avec le monde qui m’entoure au sens large, m’a fait devenir végane ;o) Je précise que les animaux ont toujours été importants pour moi (j’ai été élevée proche des animaux de a ferme) mais que je ne connaissais pas tous les tenants et aboutissants de l’exploitation animale ni des abattoirs !! Aujourd’hui pour moi le monde est un tout, mais il ne me semble pas avoir été spéciste volontairement, … juste par naïveté ;o( Effectivement je comprend mieux ton cheminement de pensée et il est vrai qu’en tant qu’écologiste je « fais » de la politique et donc en tant que végane aussi :o)) youpiii LOL Nous ne parlons pas « politique » chez nous ça dégénère mais tout le monde raffole de mon cake chocolat aquafaba, de mon cake aux olives … je fais passer le message par la cuisine, bon ok par des discussions aussi mais c’est plus délicat :o) Merci pour ton article et ta réponse. Bisous

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  3. J’avoue faire partie des personnes qui ne prononcent pas vraiment le mot « végane »…j’opte pour « je ne consomme pas de produits d’origine animale »… Mais je comprends ton point….d’ailleurs, pour mon cas, ce n’est pas tant de ne pas de ne pas affirmer ma conviction: j’ai un autocollant « Go vegan » bien visible sur ma voiture et sur ma tablette, tous mes collègues voient tous les jours que j’ai un réel engagement mais de dire « je suis végane », j’ai cette peur que ça en fasse mon UNIQUE identité, j’ai peur de m’enfermer…mais ton article me fait quand même pas mal réfléchir. Merci.

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    1. C’est vrai que le mot « végane » peut faire peur aux autres personnes, et si tu ne te sens pas d’assumer les réactions qu’il peut y avoir derrière, c’est tout à fait normal de se protéger en utilisant des formules détournées 🙂 C’est vrai que se définir comme végane peut sembler aliénant, mais au final c’est comme quelqu’un•e qui se définirait comme féministe ou socialiste…etc, iel n’est pas que son engagement politique !

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  4. Enfin quelqu’un qui explique clairement, simplement, avec bienveillance ce que la majorité des vegans pense… Ça fait du bien 🙂 Je réfléchis de plus en plus à devenir végétarienne et même si ce n’est pas exactement la même chose et que je mange encore un tout petit peu de viande, je subis déjà quelques remarques dont tu parles dans ton article haha !

    Aimé par 1 personne

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