Le pourquoi du comment·Végétarisme et véganisme

Véganisme, le pourquoi du comment ? #1 L’éthique

Bonjour bonjour !

J’avais écrit il y a de ça presque 1 an et demi un article avec un titre similaire, peut-être que certain-es d’entre vous s’en rappellent. Mais depuis, ma vision du véganisme a bien changée et j’ai décidé de ré-écrire cet article pour le rendre plus conforme à la réalité de mes convictions actuelles.

Je recommence donc cette série d’articles qui explique mon engagement dans le véganisme et les raisons pour lesquelles je vous encourage à le devenir. Et pour le premier article, je vais vous parler de l’argument le plus important pour moi lorsque l’on parle de véganisme : l’éthique.

D’où vient ma réflexion ? 

Quel-le végane n’a jamais entendu, lorsque l’on parlait de son engagement pour le véganisme, qu’iel était « l’ami-e des animaux » ? En effet, lorsque les gens non-informé-es pensent au véganisme, iels pensent souvent que cela n’est que l’affaire de personnes trop sensibles, qui n’acceptent pas la dure réalité de la vie et de la mort animale.

Et c’est vrai que mon premier éveil à la cause animal s’est essentiellement fait par une forte empathie que je ressentais pour les animaux et leur souffrance. Mais il faut savoir que cela n’est pas le cas de toustes les véganes, qui parfois proviennent parfois même de famille de boucher ou éleveurs.
De plus, après plus de 2 ans de végétarisme, puis véganisme, réduire mon engagement à ça serait très réducteur, car cela serait oublier les mois et années de réflexion que j’ai nourrie sur le sujet.

J’ai défini plus ou moins seule mon engagement pour la cause animale et notamment mon rapport à l’éthique, piochant à droite à gauche sur internet, me renseignant et surtout y réfléchissant par moi-même, seule ou dans des discussions avec d’autres personnes. Mais si vous voulez vous renseignez sur cette cause et lire des ouvrages et/ou blogs sur la question, voici quelques recommandations :

  • La Carotte Masquée (elle a notamment fait une série d’articles sur la littérature antispéciste)
  • Le blog d’Ophélie Véron – Antigone XXI et son livre « Planète Végane »
  • La Nébuleuse
  • Peter Singer – La libération animale (ouvrage qui a ses limites théoriques, mais c’est le premier ouvrage qui m’a permis de m’interroger sur l’exploitation animale et sur le fait qu’il s’agissait d’un vrai sujet de débat et d’interrogation philosophique)
  • Vincent Message – Défaite des maîtres et possesseurs (il s’agit de fictions

Quelles sont les bases éthiques du véganisme ?

Le véganisme est un mode de consommation (qui ne concerne pas que l’alimentation) qui vise à rejeter l’exploitation animale. Le véganisme repose sur l’idée que les animaux non-humains sont des êtres qui peuvent ressentir la souffrance, qui poursuivent des intérêts particuliers (volonté de vivre, d’être libre…etc) et qui possèdent des droits, dont les plus importants : le droit à la vie et à la liberté.

Le véganisme définit alors les animaux non-humains comme des êtres sentients. (« La sentience désigne la capacité d’éprouver des choses subjectivement, d’avoir des expériences vécues. » Je vous invite d’ailleurs à lire la partie « Ethique » de l’article Wikipédia : Sentience )
En cela, toute forme d’exploitation, de meurtre ou de maltraitance perpétuée sur les animaux est inadmissible.

Il faut savoir que cette position éthique est possible car nous avons les capacités scientifiques et techniques de nous passer de l’exploitation animale pour vivre (grâce à la découverte de la vitamine B12 au XXème siècle). Alors, si nous n’avons plus besoin de tuer et faire souffrir pour vivre, cela semble immoral de continuer à le faire. C’est pour cela que les parallèles avec les hommes de cro-magnons qui chassaient ne sont pas pertinents car ils n’avaient pas les capacités techniques de se passer de viande.

De plus un autre aspect du véganisme est de rendre aux animaux non-humains leur existence en tant qu’individu. J’entends par là que l’on reconnait chaque animal comme un être unique, qui a des envies, un caractère, des comportements particuliers.

Les animaux domestiques comme les chats ou les chiens sont souvent vus comme des individus, on leur donne un nom, leur reconnait un caractère particulier, leur attribue des comportements et des émotions (il remue la queue/ronronne donc il est content, il met les oreilles en arrière donc il est méfiant…etc). Mais une fois que cela concerne les animaux comme les vaches, moutons, cochons…etc, cette dimension disparaît. Le fait de les avoir regroupé dans un groupe, « le bétail », leur enlève leur individualité. Chaque vache n’est qu’un animal parmi d’autres destinée à être exploitée puis tuée sans que l’on s’intéresse à son caractère particulier, ni même qu’on lui laisse les moyens de le développer.
On voit vite alors comment nous faisons inconsciemment une séparation entre les animaux avec lesquels on vit et ceux que l’on mange. Or, cette séparation n’est pas fondée scientifiquement. Une vache n’est pas moins un individu qu’un chat.

Cette vision découle d’une idéologie qui nous est enseignée depuis l’enfance : le spécisme, qui nous pousse à considérer les hommes comme légitimes dans l’exploitation des animaux. Mais le spécisme tend aussi à établir une hiérarchie dans le vivant, une mouche vaudra moins qu’une vache qui vaudra moins qu’un chat.

Le véganisme ce n’est alors pas de la sensiblerie, c’est le fait de refuser une exploitation injuste et injustifiée, qui nie l’animal comme être sentient qui aspire à vivre et à ne pas souffrir. Le véganisme c’est refuser toute forme d’exploitation de l’animal.

Quel lien entre le véganisme et l’homme ? 

Voilà une part du véganisme que beaucoup de végane semblent oublier tant iels sont focalisé-es sur les animaux non-humains.

Refuser l’exploitation, la violence et la souffrance n’est pas qu’une philosophie de vie qui s’applique à l’animal non-humain. Si l’on refuse l’exploitation et souffrance des animaux, c’est que l’on refuse aussi toute forme de violence et d’exploitation imposée aux humain-es.
Mon véganisme s’inscrit en effet dans une réflexion plus globale qui est un rejet de l’exploitation sous toutes ses formes, qu’elle soit dirigée contre des animaux, des humains, des femmes, des hommes, des enfants. C’est aussi le refus des guerres, de l’exploitation capitaliste, des violences faites aux femmes, de la torture, de la peine de mort, des violences policières, du racisme, de l’homophobie, de la transphobie, du sexisme et j’en passe…

Cela pose aussi des questions plus philosophiques : accepter une forme d’exploitation  injustifiée n’est-ce pas les accepter toutes ? Et cela va dans les deux sens, je trouve contradictoire de se battre contre le sexisme mais pas contre l’exploitation animale, et vice versa. Cependant j’ai écrit un article qui peut expliquer pourquoi les luttes humaines peuvent prendre le pas sur la lutte animaliste sur le plan personnel.

Le véganisme, une histoire de conscience morale

Au delà de tous ces arguments éthiques qui me semblent être cohérents, il est important de se rendre compte ce que l’exploitation animale signifie concrètement. Avez-vous déjà vu des vidéos d’abattoirs ou d’élevage de poule en cage par exemple ? Si non, je vous encourage à vous intéresser à l’association L214 qui révèle régulièrement des vidéos de ce genre.

Et si vous êtes incapables de regarder ce genre de vidéos et de perpétuer vous même ce genre d’actes, alors interrogez-vous sur ce que vous êtes actuellement en train de cautionner en achetant de la viande, du cuir, des produits testés sur les animaux ou des oeufs par exemple. Ce que vous êtes en train de faire, de cautionner est-ce vraiment cohérent avec vos valeurs ? Cela n’est pas une tentative de culpabilisation mais vraiment une volonté de vous pousser à vous remettre en question sur vos actes et leurs conséquences, comme moi même je l’ai fait. Car ce sont des questions que je me suis posées.

Le véganisme s’est donc imposé à moi par honnêteté intellectuelle. Au début je ne voulais pas vraiment arrêter la viande, les produits d’origine animale ou testés sur les animaux. Je me disais que réduire ma consommation était une bonne chose et qu’aller plus loin était trop extrémiste et que mes efforts étaient suffisants. Et il est vrai que c’est déjà un bon début. Mais bien vite je me suis rendue compte de l’hypocrisie de ma démarche. Pour être totalement en accord avec mes pensées, avec mon refus de l’exploitation, le végétarisme puis le véganisme s’imposaient de plus en plus comme une évidence, pour être cohérente avec moi-même.

 


 

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Hylfee

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4 commentaires sur “Véganisme, le pourquoi du comment ? #1 L’éthique

  1. Salut,
    Sur un autre blog, un vegan justifiait ses actes de violences pour arrêter la violence. Je résume hein.
    Je suis végétarienne depuis 50 ans, j’ai donc pas mal de recul. J’espère que tu ne fais pas d’équitation en club ? Que tu n’as pas un cheval en pension en box ou un gros chien en appartement, ni aucun vêtement de provenance douteuse. Ça devient bien sûr plus compliqué parce que tu t’habilles où ?
    Ma réflexion ne s’est pas arrêtée et je crois que le jour où elle s’éteindra, je serai morte. Je suis actuellement sur la rédaction d’une thèse d’éthologie, je suis dans le sujet. En me penchant un peu sur le cheval, j’ai réalisé que c’est l’animal le plus maltraité. Pourtant, il n’est pas beaucoup mangé……mais il est exploité. Ben tu sais quoi ? Il y a 2 vegans au club équestre du village d’à coté.
    Super!!!! Les chevaux ont les pieds dans leur merde parce que les paddocks ne sont jamais nettoyés, ils ont certes un nom mais les cavaliers vont les chercher, les brossent (très mauvais), leur balance une selle sur le dos, un mors dans la bouche et il faut que ce cheval saute des barres et/ou fasse du croise papattes pendant une à deux heures. Ce pauvre cheval qui ne connait rien d’autre que ce centre parce qu’il ne va jamais dans la forêt.
    Une jument a fait une colique l’année dernière. Après des heures de souffrance, la jument a été euthanasiée (double torsion, plus rien à faire) : la petite phrase du propriétaire des lieux ?
    « Elle est crevée, merde, va falloir la remplacer et ça coute. » Et puis il m’a détaillé ses frais. C’était lamentable.

    A coté de ça, un petit agriculteur a pris sa retraite. Chaque soir, il rentrait ses vaches et il leur parlait. Les vaches avaient un nom. Elles avaient une étable propre pour la nuit et de très jolis prés pour la journée, avec la rivière.
    Il n’avait que quelques vaches et les gens du village lui prenait le lait dont les « gros » ne voulaient plus, l’hygiène comme prétexte.

    Il louait alors voilà, il a été obligé de laisser ses 5 vaches. Pendant plus de trois semaines, il a pleuré…… pour ses vaches.

    Je ne mange pas de viande mais je respecte la vie sous toutes ses formes, les végétaux en font parti. Et à notre époque, ils sont vachement maltraités eux aussi.

    Du coup, je n’ai toujours pas compris le truc……

    J'aime

    1. Ce n’est pas parce qu’on est végane qu’on est parfait déjà. Quant à faire du cheval tout en s’affirmant végane, c’est un peu contradictoire mais bon. J’ai arrêté de monter le mien il y a deux ans pour ma part … avant cela, je me considérais comme végétalienne seulement.

      Pourquoi les brosser, c’est très mauvais ? Mon cheval kiffe l’étrille américaine comme beaucoup de ses congénères. J’enlève peut-être superficiellement la couche de protection naturelle mais il se charge de la refaire lorsqu’il retourne voir ses copines au pré.

      Animal le plus maltraité ? Bien sur que non, faut pas abuser. Evidemment qu’ils tournent sur les terrains de concours, en club et que pas mal sont cravachés, éperonnés, peu sortis. Mais cela n’a rien à voir avec les conditions de « vie » d’un porc d’une usine ou d’un poulet en batterie. D’ailleurs, un cheval au placard 23/24h est de plus en plus décrié, je suis sur un forum où si les chevaux ne sont pas au pré au moins 1/2 journée avec des copains, c’est considéré comme de la maltraitance.
      Bien sur qu’ils pourraient être mieux traités, qu’on en fasse naître moins pour que chaque individu ait droit à plusieurs hectares de pré. Bien sur qu’il y a plein d’améliorations à envisager. Mais le plus maltraité ? Faut pas pousser Mémé …

      Chouette article en tout cas, j’avais loupé celui-ci et je te rejoins sur tous les points 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Salut ! Pour les chevaux, c’est mon étude qui m’a fait découvrir l’envers du monde du cheval. C’est abominable. Sérieusement.
        Bravo à ceux qui sortent les chevaux des box. Malheureusement, ce n’est pas la majorité.
        Mes chevaux se promènent en liberté, encore hier, j’ai marché dans la montagne avec eux. Je ne suis pas vegan (je n’ai toujours pas compris le truc) mais je ne monte pas quand il a son poil d’hiver et je lui laisse sa boue protectrice. Mes chevaux ne vont pas en club. Quand je monte, c’est dans la montagne. Ils n’ont jamais eu de mors ni de fer. Et je marche plus que je ne monte. Avec le terrain ici, il faut savoir descendre pour respecter le cheval. Il n’est pas exploité, le contrat est honnête.
        Je suis Celte, j’ai un regard innée sur la nature. J’ai grandi comme ça.
        Donc si je comprends bien, tu t’opposes à l’élevage industriel ? Mais c’est quelque chose qui ne devrait pas exister !!!!
        Aimer et tuer….ah. Mais ce n’est pas contradictoire. Si tu prends les civilisations au plus proche de la nature, ils peuvent tuer pour se nourrir mais pas faire souffrir. Et tu dois mériter ce que tu manges. Les légumes aussi sont respectés chez nous. On les laisse pousser tranquillement sans balancer du poison. On fait des purins.
        Le deal doit toujours être honnête. L’homme est aussi exploité et mis à mort par un travail alimentaire aux conditions inacceptables. L’homme est délibérément tué par des produits chimiques (trop nombreuses maladies professionnelles)…
        Bon, les usines à porc ou à poulets, je ne comprends pas que des gens mangent ça. Il faut être suicidaire, sans blague.

        Je réalise qu’au fond, nous avons probablement la même philosophie. Sauf que je dois m’occuper de moi et de ce que je fais. Et effectivement, je n’achète pas de produits industriels (j’ai même des toilettes sèches….).
        Il faut se rendre à l’évidence que si chacun s’occupait de lui, les élevages industriels n’existeraient plus…… Malheureusement, le UN se porte mal, tout le monde veut être un sauveur et c’est le bordel.

        Personne n’est parfait mais je crois que chaque homme et chaque femme peut devenir créateur de bien.
        Essayer de sauver l’autre prend beaucoup de temps pour aucun résultat. Tout le monde se bat pour convaincre au lieu de gérer sa vie et son mode de consommation. Nous sommes effectivement toujours au point zéro = ensembles et agglutinés sans nous voir ni nous respecter.

        Société dépendante…..

        J'aime

  2. Je n’ai pas compris si les questions au début de ton commentaire me sont destinées ?
    Sinon je suis d’accord avec toi pour l’équitation et j’ai écris un article là dessus d’ailleurs, si ça te dit d’aller voir

    Ensuite pour l’éleveur qui aime ses vaches, je suis à la fois d’accord et pas d’accord. Je sais qu’il peut exister une forme d’attachement d’un-e éleveur-euse à ses animaux, cet attachement et réel et ça ne sert à rien de le nier. Mais d’un autre côté, je ne peux comprendre que l’amour débouche sur la mort et l’exploitation, et c’est là que pour moi existe la dissonance cognitive : on arrive à faire croire aux humains qu’il est possible d’aimer, d’exploiter et de tuer en même temps, sans que cela soit contradictoire. De plus, en tant que végane je ne remets pas en cause la difficulté de vie des éleveureuses et agriculteurices.

    Enfin sur la question de la violence peut se poser la question de la violence légitime face à une oppression, mais pour moi les humain-es n’étant pas concerné-es par le spécisme, il n’est pas légitime d’utiliser de la violence. Ou alors il faut penser à une forme de « violence » utile et productive pour la cause, qui ne soit pas dirigée contre des eleveureuses ou des boucher-es par exemple

    Aimé par 1 personne

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